Et voilà les vacances sont finies, adieu plages rafraichissantes, femmes ensablées et bières chaudes. Reprenons nos bonnes habitudes et parlons musique pour évacuer cette vacuité vaguement vexante. Donc.
Quiconque s'est intéressé un minimum au mouvement punk et se sera, conséquemment, procuré l'une des multiples compilations qui fleurissent dans les bacs depuis plus de deux décennies (Dieu que je m'exprime bien moi et jamais un remerciement rien), connaît les Adicts et leur tube "Viva la Revolution".
Petit tour une fois de plus dans la première moitié des années 90, pardon à tous les lecteurs de Génération Extrême qui penseraient que je suis resté scotché sur le post-punk et la cold-wave des années 80, je déments formellement. J'avais 25 ans en 1991, et ça compte ces choses-là, on évolue encore à cet âge-là (maintenant je n'évolue plus, je reste dans le rock indépendant, jamais je ne me mettrai au jazz-rock c'est bien compris ?)
J'ai presque honte de faire la promotion du nouvel album de Charles De Goal car je suis évidemment partie prenante aujourd'hui, puisque de culte révéré et intouchable, ce sont devenus des potes avec qui je partage des crêpes au chocolat. Ceci étant, je ne pense pas que le fait de les connaître change quoique ce soit à la vision que j'ai de cet album, qui me donne des frissons chaque fois que je l'écoute.
Pilipe a beau être batteur de Charles De Goal, il a quand même des bons goûts musicaux. Sa parfaite maîtrise de la langue de Goethe (euh non Shakespeare ?... euh non Hiro-Hito ?) et ses fréquents déplacements au pays du Hara-Kiri l'ont conduit à me faire découvrir ce groupe merveilleux de post-punk-technoïde- hardcore-frappadingue-destroy que sont les Polysics.
Tout est japonais chez eux, du look du site à leur look à eux, et c'est normal puisqu'ils sont japonais. Donc voilà, les Polysics ont pondu une bonne dizaine d'albums depuis 10 ans, et ça vaut son pesant de cacahuètes (esprits flegmatiques ou fatigués abstenez-vous ça risque de vous rendre épileptiques).
Non en fait je déconne, ce titre n'a rien à voir avec le schmilblick. Punk à Chier, c'est un groupe bien de chez nous, délicat, fin, doux et suave comme son nom l'indique. Je les ai vus en concert la semaine dernière, et ce fut le choc : des morceaux à la poésie grandiose, de belles mélodies à fredonner en dodelinant du chef, bref du grand Art comme on en voit rarement.
Après Rubella Ballet, voici un autre groupe classifié dans la catégorie "anarcho-punk", tous ces groupes proches de Crass, et sinon sur leur label, jamais très éloignés. Flux Of Pink Indians ont, à mon goût, pondu à la fois le meilleur single et le meilleur album tous groupes confondus. "Tube Disasters" provient de leur maxi "Neu Smell" en 1981, "They Live, We Die" du premier album "Strive To Survive Causing Least Suffering Possible" (essayer de survivre en causant le moins de souffrances possibles) en 1982. Une vraie tuerie, en ce moment je ne décolle pas de ça, ce truc-là est un concentré de rage sombre, ça fait serrer les dents bien comme il faut et c'est idéal quand on se sent déprimé, ça vous requinque un homme !
