
On dit souvent que les Electric Eels (de Cleveland, USA) étaient un groupe de glam-rock, mais c'est vraiment n'importe quoi. Ces mecs-là étaient des punks complètement destroy, d'ailleurs dans toute leur "carrière" entre 1972 et 1975, ils n'ont fait que 5 ou 6 concerts, concerts qui finissaient en baston générale, les plus violents des participants étant les membres du groupe eux-même.
Comme Van Gogh ils n'ont jamais rien vendu de leur vivant (ni sorti d'ailleurs) et c'est des lustres plus tard, dans les 90's, qu'on a pu entendre leur musique, de la noise chaotique et bruitiste avant l'heure, de la no-wave, du punk, on peut appeler ça comme on veut puisque ça s'adapte à toutes les catégories. Des générations d'amoureux du bordel et du bruit ont été influencés par eux (à commencer probablement par Sonic Youth), et plus encore que les Stooges, ils font partie de ces groupes méconnus d'avant le punk qui sont réellement incontournables.
J'ai presque honte de faire la promotion du nouvel album de Charles De Goal car je suis évidemment partie prenante aujourd'hui, puisque de culte révéré et intouchable, ce sont devenus des potes avec qui je partage des crêpes au chocolat. Ceci étant, je ne pense pas que le fait de les connaître change quoique ce soit à la vision que j'ai de cet album, qui me donne des frissons chaque fois que je l'écoute.
Pilipe a beau être batteur de Charles De Goal, il a quand même des bons goûts musicaux. Sa parfaite maîtrise de la langue de Goethe (euh non Shakespeare ?... euh non Hiro-Hito ?) et ses fréquents déplacements au pays du Hara-Kiri l'ont conduit à me faire découvrir ce groupe merveilleux de post-punk-technoïde- hardcore-frappadingue-destroy que sont les Polysics.
Tout est japonais chez eux, du look du site à leur look à eux, et c'est normal puisqu'ils sont japonais. Donc voilà, les Polysics ont pondu une bonne dizaine d'albums depuis 10 ans, et ça vaut son pesant de cacahuètes (esprits flegmatiques ou fatigués abstenez-vous ça risque de vous rendre épileptiques).
Non en fait je déconne, ce titre n'a rien à voir avec le schmilblick. Punk à Chier, c'est un groupe bien de chez nous, délicat, fin, doux et suave comme son nom l'indique. Je les ai vus en concert la semaine dernière, et ce fut le choc : des morceaux à la poésie grandiose, de belles mélodies à fredonner en dodelinant du chef, bref du grand Art comme on en voit rarement.
Après Rubella Ballet, voici un autre groupe classifié dans la catégorie "anarcho-punk", tous ces groupes proches de Crass, et sinon sur leur label, jamais très éloignés. Flux Of Pink Indians ont, à mon goût, pondu à la fois le meilleur single et le meilleur album tous groupes confondus. "Tube Disasters" provient de leur maxi "Neu Smell" en 1981, "They Live, We Die" du premier album "Strive To Survive Causing Least Suffering Possible" (essayer de survivre en causant le moins de souffrances possibles) en 1982. Une vraie tuerie, en ce moment je ne décolle pas de ça, ce truc-là est un concentré de rage sombre, ça fait serrer les dents bien comme il faut et c'est idéal quand on se sent déprimé, ça vous requinque un homme !
Et pas que Patrick d'ailleurs (quand je pense à lui avec son beau T-shirt The Hives tout baigné de lumière, qu'il soit béni), mais aussi Pilipe qui me reproche de parler de vieux machins alors voilà là je parle de machin récents, le nouveau Hives est en effet sorti... hier.