J'ai trop envie d'en parler même si je ne l'ai pas encore envoyée : ne manquez pas, avant la vidéo de Marquis de Sade qui devrait suivre, l'excellente présentation de nouveautés par le jeune De Caunes, qui vante les mérites de Springsteen, descend en flèche l'album "neurasthénique" de Pink Floyd comme une vieille merde (devenu cultissime aujourd'hui, mais pas pour moi), et tous ces groupes extraordinaires que tout le monde gerbe aujourd'hui.

Cela m'inspire une petite réflexion sur l'aspect mythique de cette époque : on a tendance à croire qu'on baignait dans le post-punk avec des super-groupes de partout, mais c'est faux : personne ne savait ce qui se passait, il fallait s'accrocher, quand on était un jeune français, pour écouter la crème du rock anglais. Partout il y avait des moustachus aux cheveux longs, et l'époque était sinistre, profondément, on était encore sous Giscard, et on ne recevait que quelques bribes de bonnes choses, comme cette émission (il fallait trier là encore). Et bien sûr, pas d'internet, pas encore de minitel, à peine quelques disquaires plus ou moins hard-rock (sauf peut-être à Paris, et encore) qui daignaient acheter quelques imports punks qu'il fallait se dépêcher d'acheter parce qu'il n'y avait que 3 exemplaires, seules les radios libres (qui débutaient à peine) et le réseau de potes, ainsi que la possession d'un magnéto-cassette pour enregistrer des cassettes vierges (c'était pas donné non plus) permettaient qu'on s'en sorte un peu. Aujourd'hui, c'est le paradis à côté. Mais ce qui est sinistre aujourd'hui, c'est qu'il n'y a plus du tout de groupes aussi novateurs que ça, aucun mouvement global qui fait qu'on se dit "putain quelle chance j'ai de vivre çà". Alors on se rue sur les émissions télé de 1979 quand elles sont diffusées au compte-goutte, sur d'obscures chaînes satellite, pour retrouver un peu de passion...